14/07/2016

Permanence syndicale fermée le mercredi 24 août 2016

Notre permanence syndicale sera fermée le mercredi 24 août 2016.

26/06/2016

Manifestations interdites, blocage de l'économie !


Jeudi 23 juin, nous avons pu exercer notre droit à manifester : parcours intégralement clos par un dispositif policier hallucinant, manifestant.e.s fouillé.e.s individuellement pour avoir le droit d'aller tourner en rond autour du bassin de l'arsenal, confiscation des foulards, des dosettes de sérum physiologique, du matériel de soin des médics (personnes organisées pour assurer les premiers secours lors des manifestations) et même des banderolles et des drapeaux. Tout a été fait ce jeudi pour humilier les opposant.e.s à la loi travail, qui luttent depuis des mois, et qui subissent pour cela la violence policière autant que la violence politique. Tout a été fait pour faire penser que la violence était le fait des manifestant.e.s.

Non content de refuser d'entendre la majorité qui refuse le projet de société qu'il a élaboré avec le medef, de passer en force à l'assemblée, de blesser, mutiler, poursuivre en justice les manifestant.e.s, le gouvernement a, de fait, interdit la manifestation. Manifester dans ces conditions rappelle les pires régimes : soit on accepte ces conditions, soit on se fait arrêter (une centaines d'arrestations ce jeudi, essentiellement des contrôles d'identité et au moins 2 garde à vues, aux seules fins d'empêcher les gens de manifester).

Comme nous l'avons toujours dit, la violence ne vient pas des manifestant.e.s, elle est subie par elles et eux, violence réelle des gaz, coups de matraques, grenades de désencerclement, FlashBall, et maintenant violence symbolique de cette manifestation qui ressemblait davantage à un tour de manège qu'à une expression démocratique.

Nous rappelons plus que jamais la nécessité d'utiliser les seules armes qui puissent encore faire pression sur l'état et le capitalisme et les faire reculer : la grève, les occupation et le blocage de l'économie. 

La loi travail est une attaque d'une violence inouïe contre les travailleurs. Le mardi 28 juin, c'est par la grève que nous devons nous exprimer, et pas par des mascarades telles que celle qui nous a été imposée le jeudi 23 juin.

Toutes et tous en grève le jeudi 28 juin

15/06/2016

Violences policières contre les cortèges syndicaux et les manifestants


Le droit de manifester directement remis en cause par l'État

Contrairement à ce qui se dit en boucle dans les grands médias, lors de la manifestation du 14 juin contre la loi travail, la violence n'est pas venue des manifestants mais bien de la police, sur ordre du gouvernement.
Une violence policière aveugle, sans précédent, s'est déchaînée tout au long au du parcours de la manifestation. Dès le départ, le cortège de tête, avec des personnes de tous âges et de toute appartenance syndicale, est chargé de toutes parts. Les policiers tapent en priorité sur la tête, provoquant des blessures au crâne. De nombreuses personnes tombent sous les coups. La police n'hésite pas à lancer des grenades de désencerclement directement sur les manifestants, tout en les gazant. Plusieurs personnes tombent, touchées au cou, aux cuisses, entre les jambes. L'une d'elles a été blessée au dos, et se trouve aujourd'hui dans un état grave. En parallèle, un camion à eau fait son entrée et asperge les manifestants. Des lignes de CRS coupent le cortège en plusieurs morceaux et nassent 5000 personnes. 

À 300 mètres de l'arrivée aux Invalides, notre cortège syndical est bloqué par les CRS, nous empêchant d'arriver au bout du parcours. Nous demandons à passer, calmement et sans violence. Notre cortège se fait violemment attaquer et charger par les policiers. Nous prenons des coups, à la tête, au visage, sur les épaules. Les policiers visent le haut du corps avec une violence inouïe. Notre cortège est chargé, gazé, nous recevons directement au visage du gel vomitif et prégnant. Puis les policiers nous lancent en pluie des grenades lacrymogènes dont une a commencé à mettre le feu dans le camion de la CNT.

Alors que le cortège s'est éloigné de la ligne de CRS, au moins une grenade de désencerclement est lancée au pied d'un manifestant qui s'écroule, profondément brûlé à l'entre-jambe. Nous l'évacuons sous les gaz et les tirs de grenade. Notre cortège est ensuite de nouveau violemment chargé et se retrouve scindé en plusieurs morceaux. Nous nous voyons contraints, face à une telle violence, d'arrêter la manifestation. Nos militants sont dispersés sur différentes rues, notre banderole et quelques camarades pris en étau dans une rue adjacente. Il nous faudra une bonne heure pour parvenir à nous regrouper et quitter les lieux. Les cortèges syndicaux qui suivaient ont subi le même sort. 

Nous avons été directement témoins d'une violence policière injustifiée portée directement à l'encontre des syndicats, qui défilaient dans le calme. Les policiers qui nous ont attaqué n'ont respecté aucune règle du prétendu code de déontologie de la police, aucune règle quant à l'utilisation des gaz et des tirs de grenade de désencerclement. Les grenades étaient jetées en l'air, les coups portés à la tête, les gaz directement projetés au visage.
L'objectif du gouvernement est clair : terroriser les manifestants et bloquer la manifestation. Le 15 juin, Manuel Valls demande à la CGT de « ne plus organiser ce type de manifestation sur Paris ». Une menace directe visant à interdire les manifestations. 

Non content de faire passer une loi qui détruit les droits des travailleurs, le gouvernement, à la botte du patronat, veut empêcher les travailleurs d'exercer leur droit de manifester.
Le Premier ministre souligne l'« absence de contrôle » des syndicats pendant les manifestations.
Nous dénonçons l' « absence de contrôle » de l'État et les violences policières qui se déchaînent sur les manifestants et sur les syndicats. Les « casseurs » ne sont qu'un prétexte pour cet État prétendument « démocratique » de museler le mouvement social par la terreur. 

Attaquer des travailleurs, attaquer des syndicats est un aveu de faiblesse du gouvernement : quand les mots ne suffisent plus pour convaincre, alors on utilise la violence et la répression. 

Nous étions très nombreux lors de cette manifestation, plus d'un million, et la majorité des gens sont contre la loi travail. L'État pointe du doigt les « casseurs » et les syndicalistes pour masquer l'ampleur du mouvement et pour tenter de l'écraser par une violence aveugle.
Mais nous ne lâcherons rien ! Plus que jamais, nous sommes déterminés à combattre la loi travail et son monde ! Nous continuerons d'appeler à la grève, d'appeler aux manifestations et ne nous laisserons en aucun cas intimider !

Retrait de la loi travail ! Grève générale !

23/05/2016

Fin de la manifestation du 17 mai 2016 pour le retrait du projet de loi El Khomry place Denfert-Rochereau

17 mai 2016, place Denfert-Rochereau, Paris
    

    Il est 16h40. 

    Les véhicules de tête de la manifestation étaient ceux de FO.
    
    Ils viennent de quitter la place par le Boulevard Arago.
    
    Il n'y a aucun casseur à proximité, mais, sur la place, des grenades
    fumigènes ont déjà été lancées alors que la totalité du cortège de
    la CGT, qui était après celui de FO, ne l'a pas encore atteinte.

    Des CRS sont disposés de chaque côté de l'entrée du Boulevard Arago.

    À gauche du Boulevard, sur la chaussée, a été placée une grille
    derrière laquelle stationnent, sur deux files, plusieurs véhicules
    de CRS et un groupe de CRS.

    À droite du Boulevard, sur le trottoir sont postés deux groupes de CRS.
     

    La chicane ainsi constituée à l'entrée du Boulevard Arago est franchie
    par les véhicules en tête de la manifestation.

    Nous sommes sur le trottoir droit de ce Boulevard, derrière les deux
    groupes de CRS.
    

    À 16h47, les CRS postés sur le trottoir font mouvement pour tenter
    d'empêcher les véhicules qui suivent de quitter la place.
    
    Ils se heurtent au service d'ordre de la CNT qui, en les repoussant
    et en les contenant le long du trottoir, protège le passage de leur
    véhicule.

    L'intervention du service d'ordre permet aux véhicules du cortège de
    reprendre leur avancée pour quitter la place.
    

    Un petit groupe de cinq CRS quitte alors sa position pour, en
    remontant par le trottoir et en bousculant toutes les personnes qui
    s'y trouvent, se porter en avant et se placer à nouveau et sans
    raison aucune au contact des manifestants. 

    Le service d'ordre de la CNT, en se déplaçant latéralement,
    s'interpose entre ce groupe de CRS et les manifestants qui avancent.

    Un CRS [4A] rejoint alors ces cinq CRS, passe entre eux, se place
    derrière le groupe qu'ils forment et pousse délibérément ses
    collègues contre le cordon formé par les membres du service d'ordre
    de la CNT. 

    Des CRS qui sont de l'autre côté du Boulevard s'en mêlent et, par
    derrière, attaquent à coup de matraque les manifestants et les
    membres du service d'ordre.

    Ces derniers se regroupent en ligne perpendiculairement à l'axe du Boulevard
    et font un instant front aux CRS dispersés.

    Les CRS se retirent du côté gauche du Boulevard entre leurs véhicules.

    Les manifestants et les badauds restés en arrière descendent le
    Boulevard par le trottoir opposé.

    Les CRS bloquent à nouveau l'entrée de la place Denfert-Rochereau.
    
    Derrière eux, la place est à présent noyée dans les gaz.

    Le service d'ordre rompt son rang et part dans la direction prise
    par les véhicules. 

    

    Les véhicules continuent d'avancer dans le Boulevard Arago pour se
    dégager, puis stationnent sur la droite.

    Les manifestants qui ont passé la chicane se disperseront au
    carrefour suivant, sans heurt, comme l'avaient fait ceux qui les
    avaient précédés. 
 
 
 
    Vous pouvez télécharger la vidéo déposée en version compressée sur un
    site de transfert par ce lien jusqu'au 28 mai :

https://www.wetransfer.com/downloads/16d326afaf34e406d04f32e88305605820160521102952/2472d27fca9076047af8370b1e839dc320160521102952/748c0b
 

17/05/2016

Face aux violences policières et aux interdictions de manifester, maintenons l’unité pour le retrait de la loi travail !

Contre le projet de loi travail, la lutte est âpre, et les violences policières sont décomplexées. La Maison du Peuple à Rennes expulsée par le Raid, le quadrillage militaire le lendemain du centre-ville, les interdictions de manifester le 17 mai délivrées à plusieurs dizaines de personnes sont l’illustration flagrante de l’utilisation de l’état d’urgence contre le mouvement social.

Jeudi 12 mai, à Paris, celles et ceux qui ont pu rejoindre les Invalides ont été accueilli-e-s par des militaires. Puis l’ensemble du cortège syndical n’a encore une fois pas pu arriver à son terme pour cause de gazage massif des manifestant-e-s, nassages et tirs à bout portant de Flash-ball et de grenades de désencerclement, causant de nombreux blessé-e-s. Alors que la manifestation tentait de trouver une issue, la route a été coupée par de nouveaux gazages et des tirs de Flash-ball, dont un a atteint à la tête le mandaté SO de la CNT.

À Marseille, la police montait la garde devant le Medef avec des carabines 22 long rifle sur le passage de la manifestation. À Bordeaux, avant le départ de la manifestation, la camionnette de la CNT faisait l’objet d’une perquisition par une vingtaine de policiers de la BAC. À Nantes, deux militants de la CNT ont été interpellés à l’issue de la manifestation et mis en garde à vue près de vingt-quatre heures. Ils seront convoqués au tribunal correctionnel en novembre prochain.

Tous ces faits ont eu lieu quelques semaines après le saccage de la Maison des syndicats CNT à Lille.

Dans le même temps, la préfecture cherche à instrumentaliser les services d’ordre de certains syndicats en leur demandant de prêter renfort à la police pour réprimer les manifestants. Or rappelons qu’un service d’ordre syndical n’a qu’un seul rôle : assurer la sécurité de celles et ceux qui manifestent. 

Il est à noter que même le Comité de l’ONU contre la torture exprime sa préoccupation quant à l’usage « excessif de la force par les fonctionnaires de polices et de gendarmerie ayant, dans certains cas, entraîné des blessures graves ou des décès ». Il s’inquiète également « de ce que l’application de certaines mesures dans le cadre de l’état d’urgence puisse constituer une atteinte aux droits ».

La CNT dénonce le passage en force du gouvernement par le 49.3 ainsi que le prolongement de l’état d’urgence. Nous dénonçons les violences policières et les interdictions de manifester ordonnées par la préfecture de police de Paris.

Ces décisions entérinent une limitation de nos libertés. Elles contribuent à alimenter cette ritournelle médiatique sur les bons et mauvais manifestant-e-s.
Ne cédons pas aux tentatives de division et amplifions le mouvement pour le retrait de la loi travail et la fin de l’état d’urgence !

La CNT appelle à manifester le 17 mai à 14 heures (départ 14 heures, place de l’École militaire), ainsi que le 19 mai (14 heures, place de la Nation).
Le 18 mai, la CNT appelle à reconduire la grève et à manifester avec le collectif Stop état d’urgence, pour le retrait du projet de loi Urvoas (départ 18 heures, place de la République).
Le 21 mai, la CNT appelle à manifester à Lille contre la répression des mouvements sociaux (14h30, place de la Nouvelle-Aventure).

Pour la grève générale reconductible dès le 17 mai !

Retrait de la loi travail !
Fin de l’état d’urgence !

 

Confédération nationale du travail
Union des syndicats de la région parisienne
33, rue des Vignoles, 75020 Paris
Tél. : 06 95 45 67 62
Site : http://www.cnt-f.org
Mail : br.rp@cnt-f.org

11/05/2016

49.3, loi travail, état d’urgence et répression policière

Contre la dictature patronale et étatique, grève générale reconductible !


Si notre organisation syndicale n’a jamais eu d’illusion sur notre prétendue démocratie et sur la représentation parlementaire, le recours au 49.3 pour imposer la loi travail, le prolongement de l’état d’urgence et les violences policières systématiques constituent un arsenal clair au but sans équivoque : imposer par la force des lois qui s’attaquent directement et brutalement aux droits et aux libertés des travailleurs.

État et patronat, main dans la main, mènent la lutte des classes et cherchent à la gagner par les voies les plus autoritaires. Loi Macron (déjà au 49.3), loi El Khomri, chantage sur les négociations Unédic, etc. : nous ne pouvons plus, nous ne devons plus laisser faire. Face à la force étatique et patronale, répondons par la force de la grève et de la lutte !

La CNT région parisienne estime qu’il est urgent d’envisager sérieusement la grève générale reconductible, et ce dès le 17 mai prochain. Nous appelons l’ensemble des organisations syndicales à prendre leurs responsabilités et à organiser la riposte unitaire nécessaire. Nous appelons à mettre en place des comités de grève et à créer des caisses de grève. Ne déléguons plus notre pouvoir à des élus qui ne savent que nous trahir et servir leurs intérêts et ceux du patronat.

Ne nous lamentons pas, organisons-nous !

Reprenons notre vie et notre avenir en main. 


D’ici là, la CNT appelle également à manifester le 12 mai à 14 heures. Départ : Denfert-Rochereau en direction de l’Assemblée nationale.

Retrait de la loi travail !

Pour la grève générale reconductible dès le 17 mai ! 


Confédération nationale du travail
Union des syndicats de la région parisienne
33, rue des Vignoles, 75020 Paris
Tél. : 06 95 45 67 62
Site : http://www.cnt-f.org
Mail : br.rp@cnt-f.org

25/04/2016

Négociations Unedic : la loi travail ne suffit pas au patronat, 
il s’attaque aux précaires et chômeur.euses..


Alors que la loi travail vise notamment à faciliter les licen-ciements, le patronat et l'État (et leurs fidèles accompagnateurs des CFDT, CFTC et CGC) s'en prennent parallèlement à l'assurance chômage, à l'occasion des négociations de la convention Unedic.

L'article 52 de la loi « travail » prévoit déjà de renforcer les moyens de flicage des chômeur.euses, en autorisant par exemple Pôle emploi à ponctionner directement les supposés trop-perçus, même quand l'erreur est du côté de l’adminis-tration (laissant à la personne indemnisée le soin de saisir le juge en cas de contestation).

Deux fronts sont ouverts par le patronat  :
  • la réduction du soi-disant « déficit » de l'assurance chômage par la suppression du principe « un jour cotisé, un jour indemnisé » pour moduler ce ratio en fonction du taux de chômage, la dégressivité des allocations, l'allongement de la carence pour les cadres, le relèvement des bornes d’âge de la filière senior, etc. ;
  • un acharnement à détruire les annexes 8 et 10 des intermittent.es du spectacle.

De quelques fausses vérités…
L'argument du « déficit » de l'Unedic est martelé depuis des années pour faire passer toutes les régressions sociales et le « contrôle » accru des sans-emploi.
Or, il faut remettre les chiffres à leur place. Tout d'abord, ce déficit ne représente que 1,5 % de la dette publique française, et ce en plein contexte de chômage galopant. Par ailleurs, les chiffres avancés par le Medef ne reposent en fait que sur des valeurs relatives et des calculs prévisionnels : si l'on ne prenait que le rapport cotisations perçues/indemnités versées, le résultat serait légèrement bénéficiaire, d'un peu plus de 2 milliards d'euros.

En revanche, il est des réalités bien tangibles 
qui provoquent un réel « manque à gagner » :
  • la décision par l’État en 2008 d'assigner 10 % des fonds de l’Unedic au « budget de fonctionnement » de Pôle emploi (locaux, salaires, etc.)
  • le financement et la multiplication des contrats précaires courts. Par exemple, quand une entreprise utilise plusieurs contrats courts sur un même poste, c'est l'Unedic qui paye les entre-deux
  • l’augmentation des exonérations de cotisations, de 1,8 milliard d’euros en 1991 à près de 30 milliards aujourd’hui
  • la fraude sociale des employeurs évaluée à 20 milliards
  • la multiplication des ruptures conventionnelles des « seniors », sous la forme d'une « préretraite » payée par l'Unedic...
  • la non-réintégration des salarié.es dont le licenciement a été jugé nul ou sans cause réelle et sérieuse
  • les inégalités de salaire hommes/femmes (une égalité salariale permettrait un équilibre automatique de l'Unedic par l'augmentation mécanique des cotisations).

De « l’assistanat » et des « chômeur.euses privilégié.es »
Aujourd'hui, il y a en France environ six millions de demandeur.euses d'emploi, dont à peine la moitié sont indemnisé.es : celles et ceux qui n'ont jamais ou pas assez travaillé pour ouvrir des droits, ou qui sont en formation, ne perçoivent pas d'allocations chômage. De plus, 70 % des allocataires touchent une allocation pendant moins d'un an.
Le montant d'allocation moyen pour les 2,7 millions d’indem-nisé.es est de 1 119 euros brut/mois, et la moitié des indemnisé.es touchent moins de 1000 euros brut/mois !
Lorsque l'indemnisation s'arrête, ne reste plus que l’ASS (allocation de solidarité spécifique), 487 euros/mois maximum (350 000 personnes), et accessible sous certaines conditions, ou le RSA (524 euros) financé par les départements avec une compensation incomplète de l'État et versé par la CAF (2,5 millions de personnes). À toute fin utile, rappelons que, selon l'Insee, le seuil de pauvreté en France est de 1 000 euros/personne…

Les gouvernements de tous bords, relayés par les médias dominants, n'ont de cesse de stigmatiser scandaleusement les privé.es d'emploi comme fainéant.es, et de les culpabiliser comme « assisté.es », comme si être au chômage était une situation confortable, comme si c'était un choix. La stratégie est de dresser les travailleur.euses, qu'ils aient ou non un emploi, les un.es contre les autres, les isoler, les effrayer, afin de briser toute organisation collective et toute solidarité.

Le chiffon rouge des « intermittent.es »
Le Medef, et certains syndicats dits « réformistes » déjà cités, n'ont de cesse de pointer du doigt et de remettre en cause les annexes 8 et 10 dont dépendent les travailleur-euses du spectacle, en les présentant comme démesurément déficitaires... Mais, en fait, le déficit des annexes 8 et 10 n’existe tout simplement pas. Il s'agit d'une manipulation des chiffres et de données qui ne sont en fait pas comparables, et cela a été démontré clairement, depuis des années, par des chercheur.euses et des économistes. C'est un pur et simple mensonge.
Ensuite, les intermittent.es représentent seulement 3,5 % des allocataires pour 3,4 % des dépenses. Enfin, ce sont les employeurs qui utilisent abusivement un grand nombre de CDD d'usage relevant de l'intermittence pour des postes qui pourraient relever du CDI. Et l'État, les collectivités locales et les entreprises publiques (télévision et radio, par exemple) ne sont pas en reste de ce point de vue. Enfin, les conditions d'accès au régime intermittent s'étant durcies depuis dix ans, de moins en moins de personnes arrivent à y accéder et donc n'ont aucune indemnité.

Le Medef souhaite vider les annexes 8 et 10 de leur substance pour les faire correspondre au régime général, non pas pour renflouer les caisses de l'Unedic, mais pour priver d'indemnisation des milliers de travailleur.euses du spectacle et ainsi faire baisser les chiffres du chômage et exclure des milliers de personnes du principe de solidarité interprofessionnelle. Depuis plus de dix ans, ces annexes sont devenues un enjeu symbolique, et les intermittent.es un foyer de résistance insupportable pour les puissants.

Il s'agit tout simplement d'un choix idéologique : à terme, le rêve du patronat serait de détruire complètement le système de solidarité que nous connaissons tous actuellement et qui repose sur le principe du salaire socialisé, pour tendre vers un système de caisses privées, où chacun.e cotise pour son propre compte, si tant est qu’il/elle en a les moyens. C'est à dire un système fait par les riches, pour les riches.

Socialisation du salaire
À l'origine, le financement de la Sécurité sociale, tout comme celui de l’Unedic, repose sur les cotisations sociales salariales et celles dites patronales : ce qu'on appelle le salaire socialisé.
Sur une fiche de paie, une partie du salaire est payée individuellement au/à la salarié.e, c’est le salaire net (ou salaire direct). L’autre partie, formée de cotisations sociales, est versée dans les différentes caisses (Sécurité sociale, etc.) : le salaire socialisé.

Mais, au fil des décennies, le développement de l'idéologie libérale a eu pour conséquence un glissement sémantique : le salaire socialisé est devenu « cotisation sociale », puis « charges ». Une même réalité en vérité, mais dans les mots, une façon de tromper le/la salarié.e en lui faisant croire que ce qui lui appartient de droit est devenu une « charge » pour lui comme pour l'employeur.

La cotisation sociale fait donc partie intégrante du salaire. Réduire la cotisation sociale, au prétexte de soulager les « charges » de l’entreprise, c’est réduire le salaire ! Elle n’est pas un prélèvement, ni un impôt, ni une taxe, ni une épar-gne, ni une assurance, mais bien une partie du salaire !
Le salaire socialisé permet la reconnaissance sociale de toutes les situations des travailleur.euses et ainsi de prendre en compte tous les aléas de la vie de ces personnes, qu’elles soient actives, précaires, chômeuses ou retraitées.

Le principe en est simple : les richesses sont produites par les travailleur.euses, et la cotisation permet de socia-liser cette richesse pour que toutes et tous touchent un salaire (et pas une aumône) quelle que soit leur situation sur le marché du travail. Car ce sont bien les patrons qui sont responsables de ce « marché du travail », entre précarité, licenciements, etc.

La CNT revendique dès à présent :
  • un accès aux indemnités de chômage sans condition, sans dégressivité et sans durée limite, avec un taux de remplacement à 100 % du meilleur salaire 
  • une augmentation significative des salaires ;
  • le rétablissement du droit à l’allocation chômage en cas de démission ;
  • la suppression de la rupture conventionnelle et l'obligation de réintégration en cas de licenciement jugé nul ou sans cause réelle et sociale ;
  • un arrêt des exonérations de cotisations sociales patronales et leur augmentation ;
  • un arrêt des radiations et du flicage des travailleur.euses privé.es d’emploi ;
  • le retour aux annexes 8 et 10 d'avant 2003 et leur extension à tous les salarié.es ;
  • la gestion des caisses par les salarié.es eux-mêmes, selon le modèle existant avant les ordonnances de 1967 (qui ont introduit le paritarisme syndicats/patronat).

Construire un autre futur...
Ces revendications ne sont pas une fin en soi. Car derrière la question de l'assurance chômage, c'est la propriété privée des moyens de production, donc le salariat et le pouvoir du capital, de la marchandise et de l’État sur la vie même qu'il faut remettre en cause.
La CNT prône un anarchosyndicalisme et un syndicalisme révolutionnaire de transformation sociale. Une société en rupture avec le capitalisme !
Pour la CNT, le rapport de force doit se faire par la mobilisation de tous et de toutes, en s’organisant dès aujourd'hui dans les syndicats, outil social et économique appartenant aux travailleur.euses et non aux bureaucrates. Le communisme libertaire, projet révolutionnaire porté par la CNT, fondé sur la socialisation et l’autogestion des moyens de production, et la répartition des richesses produites par ceux et celles qui travaillent, est une urgence sociale, politique, économique et écologique. N'attendons pas pour cons-truire cet autre futur sans domination ni exploitation !

Ni loi travail, ni assurance chômage au rabais,
Contre le chômage et la précarité, 
imposons une véritable sécurité sociale !

CONSTRUISONS LA GRÈVE GÉNÉRALE !

Tract de la Fédération communication-culture-spectacle de la CNT
33, rue des Vignoles, 75020 Paris,
presse.rp[@]cnt-f.org - www.cnt-f.org/sipm/
Tel. : 0695456762